Tennis club : qui dit la vérité ?

Intervention de nos élus à propos de la situation du Tennis Club

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A vous entendre Monsieur le Maire, on ne peut qu’adhérer à vos propos. Si il y a mauvaise gestion d’une association, ce n’est en effet pas aux contribuables montreuillois de venir à la rescousse. Enfin, ça dépend des cas, et ça dépend des associations. Par le passé, certains de vos adjoints actuels comme Madame Heugas, n’ont pas hésité à mobiliser au total un peu plus d’une centaine de milliers d’euros pour venir en aide à la régie de quartier. Personne n’était choqué à l’époque.

On aurait pu se dire qu’une des plus vieilles associations montreuilloises, l’une des rares à comptabiliser 1500 adhérents (1500 !!) aurait pu mériter un peu plus d’attention de votre part. Autres temps, autres moeurs. Admettons…

Nous ne sommes pas les expert-comptables de cette association et nous ignorons le détail des comptes.  Il appartiendra à l’équipe dirigeante de répondre (ou pas) aux graves accusations que vous portez contre elle dans le dernier journal municipal.

Je relève toutefois qu’en lisant le jugement du Tribunal de Grande Instance de Bobigny, les choses ne sont pas aussi claires que vous ne l’affirmez dans votre article.

Je cite le juge, car les Montreuillois doivent entendre ce qui constitue le cœur du jugement qui a été rendu ;

L’association a été confrontée à des « problèmes conséquents de trésorerie liés à trois facteurs principaux :

  • « en premier lieu, la baisse du nombre d’adhérents sur l’année 2015 (1200 au lieu de 1500) suite à un incendie criminel ayant entraîné l’indisponibilité de 4 courts de tennis avec le maintien d’une offre pour 1500 adhérents ; 
  • « en second lieu, l’augmentation de la redevance due par le club à la commune, notamment pour les non-résidents, passée de 40 à 80 euros par personne.
  • « en troisième lieu de la baisse de subventions, notamment municipales.
  • « Enfin l’ouverture des cours sur des horaires incompatibles avec les sorties de classes scolaires et la réduction du nombre d’élèves par professeur ayant entrainé une augmentation du nombre d’heures de 388 à 420 euros et en conséquence une hausse de la masse salariale sans recette financières supplémentaires. ».

Dans les 3 points que les juges ont estimé décisifs pour expliquer la dégringolade financière de l’association, trois points relèvent directement de la responsabilité de votre municipalité, que cela vous plaise ou non.

La situation n’est donc pas si claire que vous l’affirmez avec beaucoup d’audace.

Alors vous vous étonnez qu’avec Mouna Viprey nous nous soyons rendus auprès de l’association début septembre. Je dois avouer que je m’étonne de votre étonnement.

D’abord, nous étions concernés par l’objet du rendez-vous puisque l’association organisait une séance de remboursement des cotisations prises par les adhérents. Navré que cela vous chiffonne.

Ensuite et comme le rappelle le tribunal de Bobigny, 30 salariés se retrouvaient dans une situation de précarité réelle, salariés d’une structure à l’agonie financière. Comme le rappellent les juges,  certains d’entre eux ne touchaient plus de salaires depuis le mois de mai.

Cela suscitait peut-être votre indifférence, mais pas la nôtre, ni d’ailleurs celle des adhérents venus nombreux ce samedi matin pour récupérer leurs chèques et exprimer leur soutien moral à des personnes qui les accompagnent depuis parfois des années et des années.

Enfin, et surtout, avec Mouna Viprey nous nous sommes étonnés de votre absence Madame Heugas. Votre majorité justifie pourtant les fortes indemnités qu’elle verse à ses maires-adjoints par le fait qu’ils seraient des élus à temps plein. Le fait est que ce matin-là Madame Heugas, vous n’étiez pas là pas plus que vos autres collègues.

Personne de la majorité municipale pour faire entendre le son de cloche de la mairie. Personne de la mairie de Montreuil pour renseigner les parents sur les dispositifs qui allaient être mis en place et les échéances. Rien de rien. Aucun accompagnement. Aucune écoute. Aucune réponse à des dizaines de questions posées par des adhérents perdus alors que la rentrée commençait à peine. Voilà la réalité de votre inaction.

Alors ce soir vous poussez l’absurde jusqu’à nous demander de signer une convention avec une association dont on ne connaît ni le titre, ni la composition du bureau, ni l’objet. Et pour cause, ses statuts n’ont pas encore été déposés en préfecture !

Vous nous dites que vous ne pouviez pas vous immiscer dans la gestion du Montreuil Tennis Club, même pour le sauver, mais vous semblez bien au fait du fonctionnement de la future association !

Monsieur le Maire, la simple lecture du jugement du tribunal montre que la réalité de cette triste affaire semble bien plus complexe que vous ne le dites. Et il faudrait vous faire confiance ? La belle affaire !

Je ne sais pas quels genre de comptes vous avez à régler avec le Montreuil Tennis Club, mais votre présentation uniquement à charge nous engage à la méfiance. L’opacité que vous entretenez sur ce dossier nous pousse à ne pas vous donner un chèque en blanc. Nous ne voterons donc pas les décisions de ce soir.

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