Retour sur le conseil municipal du 28 septembre 2016

C’est désormais la règle. Patrice Bessac ne tolère qu’une seule intervention des élus d’opposition en début de conseil municipal, ne dépassant pas 5 minutes (quand lui s’en octroie 60…), pour évoquer les dossiers d’actualité locale. Une fois cette courte parenthèse refermée, les élus d’opposition qui ne se bornent pas au strict objet de la délibération étudiée sont alors privés de parole. Une certaine conception du débat républicain…

Voici donc notre intervention liminaire, prononcée lors du Conseil municipal de Montreuil le 28 septembre 2016.

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Le bilan de l’été que vous venez de présenter est bien sûr flatteur.

Vous me permettrez d’évoquer quelques points que vous avez préféré oublier, tant votre pratique et vos décisions sont venues porter des coups de butoir aux valeurs humanistes que vous ne cessez de déclamer quand il s’agit de faire des proclamations.

Car cet été fut un été meurtrier pour les grands discours que vous répétez à longueur d’interventions.

Vous êtes quelques-uns à être allés hier à Bobigny pour défendre la liberté syndicale dans l’affaire d’Air France. Fort bien.

Mais cet été, votre municipalité, par la plume de Monsieur Molossi, n’a pas hésité à menacer de mises à pied plusieurs militants syndicaux parce qu’ils avaient osé tutoyer cet élu au personnel qui, lorsqu’il était dans l’opposition, mettait un point d’honneur à être tutoyé par tous les agents municipaux. Il a fallu la mobilisation de tous les syndicats de la ville pour vous obliger à faire marche arrière.

J’ai encore en mémoire les mots prononcés dans cette salle lors des deux interventions de l’Intersyndicale en ouverture des conseils municipaux de mai et juin dernier. Ils dénonçaient vos méthodes brutales, les placardisations voire même l’intimidation que votre majorité exerçait à l’encontre de responsables syndicaux, dont l’ancienne Secrétaire de la CGT des Territoriaux.

Vous pouvez bien aller manifester à Bobigny, vous êtes les champions du monde du grand écart entre le discours et les actes.

Même chose concernant vos lamentables tergiversations sur le sort des familles roms du Boulevard Boissière. Vous et votre entourage, vous aurez contribué durant des dizaines de jours à colporter des rumeurs inacceptables sur ces familles, tout en rejetant la faute sur les autres : tantôt l’Etat, tant les soutiens des familles, forcément maximalistes…

Vous aurez fait intervenir les forces de police nationale et municipale à plusieurs reprises pour mettre la pression sur ces familles et les faire partir à la veille de la fête de la Libération qui devait se tenir place Jean Jaurès.

Cachez cette misère que je ne saurai voir… les Roms et leurs soutiens sont venus vous le rappeler bruyamment Monsieur le Maire, vous obligeant à fuir piteusement en mairie, sous les huées.

Pourtant il n’est pas loin ce temps Monsieur Bessac où vous faisiez la leçon à Dominique Voynet en écrivant sur votre profil Facebook à propos d’une expulsion alors en cours à La Noue : « avec un peu d’anticipation, d’organisation et de conviction politique, une mairie peut éviter ces drames« .

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Doit-on en déduire qu’avec vos adjoints vous n’avez donc ni capacité d’anticipation, ni capacité d’organisation, ni conviction politique ? Au-delà du cas des familles Roms, il y a aussi cette dizaine de personnes en voie de précarisation grandissante sur la place de la Croix de Chavaux.

Vous avez été interpellée à de nombreuses reprises en tant qu’adjointe aux affaires sociales Madame Attia et votre seule réponse fut là aussi de vous défausser sur le département et l’Etat. La question est de nouveau posée à M. Vigneron qui ne s’est toujours pas exprimé à ce propos.

Que comptez-vous donc faire concrètement pour aider ces SDF abandonnés à leur sort sur le terre-plein central de la Place Duclos ? Vous avez fait poser d’énormes rochers en espérant rendre leur campement impossible et ainsi les faire partir. L’humain d’abord… mais ces personnes restent sur place et nous sommes des milliers à les voir s’enfoncer chaque jour un peu plus dans l’alcoolisme et la déchéance.

La mairie n’est-elle donc pas capable de prendre des initiatives pour organiser les conditions d’un accompagnement sanitaire et social digne de ce nom ? Avec un peu de volonté, c’est quand même quelque chose qui est à votre portée.

Je passe sur les couacs qui auront gêné en cette rentrée l’activité d’associations montreuilloises bien connues, et je ne m’attarde pas non plus sur ces classes d’école qui, trois semaines après la rentrée, n’auront toujours pas reçu de cahiers pour les élèves !

Nous reviendrons aussi plus tard dans la soirée sur votre lamentable gestion de l’affaire du Tennis Club, où vous avez brillé par votre absence dans un moment critique, alors que des centaines de membres d’une association en faillite auraient aimé avoir un échange avec la municipalité sur l’avenir d’une structure en faillite.

Et que dire de nouveau hélas de l’espace public montreuillois. On l’entend de plus en plus : « même sous Voynet ce n’était pas aussi sale ».

Oui, la ville est sale, archi sale, du haut en bas, d’est en ouest. Le système des encombrants n’est pas à la hauteur d’une ville de 110.000 habitants, les équipes de nettoyage ne sont pas renforcées, le matériel est insuffisant, le partage des compétences avec Est Ensemble est inefficace.

Au-delà de la bétonnisation des pieds d’arbres, qu’attendez-vous donc pour avancer significativement sur ce dossier qui empoisonne la vie de nombreux Montreuillois et qui donnent une image déplorable aux visiteurs de notre ville.

Alors oui, tout va bien, dormez tranquille bonnes gens, le maire veille.

Les conseils municipaux se succèdent depuis votre élection et c’est toujours le même constat : des délibérations de routine à la pelle, mais pas de projets concrets et structurants. Cet aveu vous l’avez d’ailleurs fait vous-même en supprimant le tiers des conseils municipaux d’ici la fin de l’année !

Ironie de l’histoire ce soir vous allez même jusqu’à inventer une délibération pour demander à un Sénateur communiste de nous donner un peu de sa réserve parlementaire, alors qu’une simple lettre aurait suffi, comme ce fut le cas avec la sénatrice Aline Archimbaud ou le député Razzy Hammadi. C’est ridicule.

Entre gesticulations politiciennes et rétropédalages, les Montreuillois constatent que leur ville stagne et sont de plus en plus exaspérés par cette forme de laisser-aller et de résignation qui commence à caractériser votre mandat.

Je conclus cette intervention en vous rappelant Monsieur Bessac que j’ai saisi il y a quelques mois la Commission d’accès aux documents administratifs, la CADA, car vous refusez une fois encore de me communiquer un certain nombre de documents auxquels je demande à avoir accès.

Vos refus de communication a une fois encore été condamné par cette institution indépendante qui a donné raison à l’ensemble de mes requêtes. Voilà deux mois que ces avis ont été rendus et j’attends encore que vous respectiez le droit à l’information des conseillers municipaux d’opposition.

Je vous demande donc ce soir publiquement de me communiquer l’ensemble des informations que je vous ai demandés à savoir le détail et le coût du sondage réalisé par la ville et publié partiellement dans le journal municipal, ainsi que les contrats de travail et bulletins de salaire d’un certain nombre de vos collaborateurs et les contrats de prestations d’un certain nombre d’intervenants dans la ville depuis votre élection.

Plus vous maintiendrez l’opacité sur ces points, plus vous entretiendrez le doute sur votre gestion. Qu’avez-vous donc à cacher Monsieur Bessac ?

Votre obstruction permanente sur ces sujets piétine les engagements que vous avez pris devant  les Montreuillois en signant la charte de l’association Anticor durant la campagne électorale. Il serait temps que vous respectiez votre signature, sur ce sujet comme sur bien d’autres Monsieur Bessac.

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