Pourquoi nous avons quitté le conseil municipal de Montreuil

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A son arrivée à la tête de la Ville, Patrice Bessac avait souhaité revoir le fonctionnement du conseil municipal.

Désormais lors de chaque séance, le maire commence par une introduction générale dans laquelle il vante son action (généralement pendant une heure), et à laquelle les élus d’opposition peuvent répondre dans un temps limité (5 minutes).

L’opposition bâillonnée

Mercredi 1er février, le maire a changé les règles. Après 40 minutes d’autopromotion et d’autosatisfaction, et après avoir mis en cause à plusieurs reprises les élus d’opposition, Patrice Bessac a alors refusé de leur donner la parole pour qu’ils lui répondent, décidant autoritairement de passer à l’examen des délibérations.

Après avoir réduit les comptes rendus des conseils dans le journal municipal à quelques paragraphes (desquels sont soigneusement expurgées les interventions des oppositions), Patrice Bessac décide donc de s’attaquer au dernier espace de débat où s’expriment des opinions divergentes aux siennes : le conseil municipal.

De nombreux sujets gênants pour le maire

Il y avait pourtant beaucoup à dire ce soir sur les « bons points » que s’est décerné le maire dans sa longue introduction. Que ce soit…

  • Sur la hausse de tous les tarifs d’accès aux services publics locaux (moins visible que d’augmenter les impôts).
  • Sur la colère des parents d’élèves qui protestent contre la nouvelle grille du quotient familial qui engendre injustice et inégalités.
  • Sur ces pétitions et manifestations qui s’accumulent depuis 2014 : stationnement, hausses des charges de l’OPHM, délivrance de permis de construire, attaque de la culture, compteurs Linky, expulsions…
  • Sur cette fameuse enveloppe de 100.000€ pour acheter des places au cirque Pinder, alors que la mairie aurait pu utiliser cette somme pour lancer des activités culturelles pendant le hors temps scolaire à destination des écoliers montreuillois.
  • Sur les sous-effectifs de personnel dans les centres de loisirs ou les cantines, sur les accidents du travail en hausse de 50% ou sur les heures de formation diminuées par deux.
  • Sur la rémunération des membres de son cabinet et de la haute administration municipale.
  • Sur l’inaction de la ville en matière de propreté, ou sur les budgets étriqués consacrés à la rénovation de l’éclairage public ou de la voirie…

A la différence des maires adjoints de Monsieur Bessac, les élus d’opposition ne sont pas des élus à plein temps. Ils travaillent et préparent les dossiers dans des délais intenables et volontairement raccourcis par Monsieur Bessac (5 jours contre 15 sous Mme Voynet) dans l’espoir de priver l’opposition d’un temps suffisant pour éplucher entre 300 et 500 pages de délibérations.

Nous demandons à ce que le débat démocratique puisse avoir sa place à Montreuil.

Patrice Bessac ne peut pas museler ses oppositions

Si la politique de la chaise vide ne nous satisfait pas, nous ne pouvons plus accepter de subir ces pratiques autoritaires répétées. Ce départ des deux élus d’Elire Montreuil, Mouna Viprey et Alexandre Tuaillon, a vocation à tirer le signal d’alarme.

Patrice Bessac ne peut pas continuer à gouverner Montreuil dans l’opacité et l’absence de débat. Les élus des oppositions représentent 63% des électeurs qui se sont exprimés en 2014.

Monsieur Bessac devrait le méditer, car son élection n’a jamais été synonyme d’un blanc-seing délivré par les Montreuillois pour qu’il agisse à sa guise.

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Précision à 22h40 : contesté par des défenseurs de la structure culturelle La Parole errante, et incapable d’entamer un dialogue apaisé avec certains de ses représentants présents dans le public, Patrice Bessac a décidé de poursuivre le conseil municipal à huis clos. C’est la deuxième fois qu’il y a recours en 6 mois. Cette pratique n’avait plus été utilisée depuis 30 ans dans notre ville…

2 Commentaires

  1. pkardec 1 février 2017 Répondre
  2. Hannibal Barca 18 février 2017 Répondre

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