Montreuil : la guerre est à nouveau déclarée au conseil municipal

icono-leparisienLa vie politique montreuilloise est-elle condamnée à s’épanouir dans la violence ? On serait tenté de le croire au vu du communiqué signé de tous les membres de l’opposition (moins un) enjoignant le maire PC Patrice Bessac « à respecter les élus d’opposition ». Un cas unique dans la viepolitique municipale. Cette lettre fait suite à une autre, rédigée il y a un mois, par des élus Verts de la majorité reprochant au maire « sa dérive autocratique ». La même accusation était portée par la CGT qui avait organisé, en septembre deux jours de grève.

L’apaisement de la vie politique aura donc duré environ 18 mois. Et la paix des braves n’est visiblement pas pour tout de suite au vu du ton virulent du communiqué qui compare Montreuil à… la Corée du Nord. Tout est parti de l’intervention de l’élu LR Nabil Ben Ghanem. Ce dernier critiquait le choix du nouveau directeur de l’office HLM, trop proche, selon lui, du PC.

Patrice Bessac lui a alors immédiatement coupé le micro refusant que la probité de l’agent en question soit remise en cause. « Cela me rappelle une vieille période, 1939-1940, suivez mon regard », lâche le maire. Dès lors le groupe LR décide de quitter la salle. Quelques minutes plus tard, une seconde coupure de micro a lieu pour les mêmes raisons. L’opposition demande alors une suspension de séance qui est refusée. Dès lors, ces derniers quittent la séance une dizaine de minutes puis reviennent.

« Bessac ne répond jamais aux questions gênantes, attaque Manon Laporte, chef du groupe LR. Et surtout, il n’admet pas la contradiction. C’est pour cela qu’il hausse le ton dès que le sujet devient embarrassant ». Proche de l’ancien maire ex-communiste Jean-Pierre Brard, Nordine Rahmani, patron du groupe Ma Ville J’y Crois, est sur la même longueur d’ondes. « Il nous inflige ses pensées politiques qui n’intéressent personne, pendant une heure mais nous, on a le droit de s’exprimer 5 minutes par intervention, s’étrangle-t-il. Il m’a refusé une suspension d’audience. Même Voynet n’avait jamais osé. Il est impossible de travailler avec cet homme ».

Dominique Voynet, l’ancienne maire Verte de Montreuil, avait subi, selon les uns, ou participé selon les autres, à cette violence en politique, notamment dans ses affrontements avec Jean-Pierre Brard. C’est la raison qu’elle avait d’ailleurs donnée pour ne pas se représenter. Pourtant ses ennemis d’hier sont en train de changerd’avis. « Bessac est en train de nous faire regretter Voynet, analyse Mouna Viprey, DVG. Avec lui, on a l’impression de venir au conseil comme sur un ring. Il faut que ça change ».

Face à ces accusations, Patrice Bessac assure simplement remplir ses fonctions. « En tant que maire, je ne laisserais jamais passer les attaques personnelles, martèle-t-il. L’opposition cherche à instaurer un mauvais climat car, sur le fond, elle ne trouve pas grand-chose à redire à ma politique. Je rappelle qu’elle est présente dans toutes les instances municipales ou encore qu’elle a le double du temps de parole par rapport à la majorité… Tout cela, ce ne sont que des coups bas, en dessous de la ceinture. » Vous avez dit apaisement ?

LE PARISIEN |Sébastien Thomas |

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