Conseil municipal du 30 septembre : une rentrée animée

icono-assembléeMercredi 30 septembre s’est tenu le conseil municipal de rentrée. Une séance mouvementée pour Patrice Bessac désormais à la tête d’une majorité, de plus en plus ouvertement divisée.

Parents et agents, unis dans la protestation

Les parents d’élèves s’étaient mobilisés, à l’initiative de la FCPE pour protester contre le manque de moyens. Si leurs revendications concernaient l’éducation en Seine-Saint-Denis, elles visaient aussi clairement la politique municipale, et notamment le choix autoritaire de réduire fortement les modalités d’accueil des enfants en centres de loisirs.

Les agents municipaux ont pris la suite des parents d’élèves, pour dénoncer le manque de dialogue, la souffrance au travail et « un plan social qui ne dit pas son nom ». Malgré les dénégations des élus de la majorité, les faits sont là, et les syndicats évoquent plusieurs centaines de licenciements au total.

Remaniements et querelles de l’entre-soi

Que répondre à la protestation des agents municipaux, des parents d’élèves, et des nombreux Montreuillois qui se plaignent de l’état de saleté de la ville ou qui souffrent de la crise du logement?

Le maire a opté pour une réponse d’apparatchik en annonçant des remaniements dans sa majorité ! Pour des questions de fond ? Non, même pas…

Sans que l’on comprenne pourquoi, il a démis deux élus verts de leurs délégations, récompensé deux autres élus, dont un élu du PCF qu’on ne voit pourtant presque jamais en conseil municipal ou en conseil d’agglomération !

Il semblerait que tout cela commence à en irriter quelques-uns dans la majorité municipale, certains élus et militants verts s’épanchant sur les réseaux sociaux pour se plaindre de la brutalité du maire.

La décision de dégrader deux élus verts et d’en récompenser une troisième passe mal chez les représentants d’EELV Montreuil qui s’en prennent même à leur Premier adjoint et à leur camarade qualifiée « d’élue qui en profite »…ambiance !

Quant aux élus socialistes, la campagne de communication du maire sur la baisse des dotations leur reste coincée dans la gorge et ils ont décidé de le faire savoir…  

Que nos lecteurs se rassurent, comme toujours ces cris d’orfraie disparaissent au moment de voter les délibérations du maire. Les courageux ont leurs limites…

Décidément, tout cela n’est pas à la hauteur des enjeux et les Montreuillois ont de quoi être hallucinés par le décalage entre leurs besoins et les priorités d’action de cette équipe municipale…

Education : des choix désastreux

Dix-huit mois de gouvernance et toujours aucune annonce concrète de nouvelle école. Pourtant dans certains quartiers, il est urgent d’agir.

A La Boissière, il n’y a toujours aucune annonce sérieuse de nouvelle école pour desserrer Nanteuil. Il faudra en effet encore attendre plusieurs années avant de voir une école ouvrir ses portes sur le quartier.

Dans le bas Montreuil, la situation est plus que préoccupante. Dans cette partie de la ville, le nombre de logements a explosé ces dernières années. Par la force des choses, le nombre d’enfants scolarisés aussi.

Si l’école Voltaire a connu une amélioration d’accueil avec l’ouverture de l’école Françoise Héritier, à Berthelot située à plus de 2 kilomètres de là, c’est le trop plein. L’école élémentaire explose et compte cette année 417 enfants, soit la taille d’un collège ! Les enfants ne peuvent plus être accueillis dans des conditions acceptables.

Or, qu’a décidé la nouvelle municipalité pour remédier à cette situation ? On vient de l’apprendre : elle supprime le seul emplacement qui avait été réservé dans le PLU pour accueillir une future école sur le bas Montreuil (rue Kleber/Bobillot/Godefroy) ! Vous trouvez ça incroyable ? C’est pourtant la triste réalité et c’est totalement irresponsable !

La propreté s’améliore ?

Il y a encore quelques mois, le maire se félicitait longuement de donner de grands coups de balai et annonçait une nouvelle donne en matière de propreté. Quelques jours de communication intense, et depuis plus rien.

Jamais les Montreuillois n’ont vécu un été aussi sale que cette année. Entre tas sauvages et saleté des rues, 2015 fut le pompon.

Romainville, Pantin, Les Lilas, Fontenay sous-bois nous montrent qu’il est possible de ne pas infliger une telle situation en permanence aux habitants.

Reprocher l’incivisme des habitants ne fait pas avancer la machine. C’est tout le système qu’il faut revoir, la cosmétique ou le coup de balai épisodique ne changeant plus rien.

On vient d’apprendre par un article du Parisien que la municipalité allait mettre en place une brigade de répression pour verbaliser les dépôts sauvages. Fort bien. Mais qu’en est-il des moyens supplémentaires (humains et matériels) pour les services de la ville ? Quels renforts ? A quel niveau ? Pour combien de temps ? Avec quel mode de gestion ?  Silence total sur tous ces points pourtant essentiels.

Sécurité : souriez, vous êtes filmés !

Les Montreuillois sont excédés par les incivilités de circulations de stationnement et de trafics en tous genres. Bagnolet a obtenu des renforts de police et toujours rien à Montreuil.

Toujours en lisant Le Parisien, on a appris cette semaine que le maire avait développé la vidéosurveillance dans la ville. Grande surprise ! On se souvient que les élus Front de gauche avaient voté contre la décision de la précédente équipe d’installer en test quelques caméras dans la rue Dreyfus.

Il semblerait qu’ils aient (là aussi !) changé d’opinion sur ce dossier maintenant qu’ils sont aux affaires.

Mais surtout, quel étonnement de découvrir ce type de décision dans la presse. Le maire ne prend même pas la peine d’en débattre avec les élus du Conseil municipal, et ne s’embête pas non plus à en avertir les Montreuillois qui sont pourtant en droit de savoir qu’à certains endroits de la ville, leurs faits et gestes sont filmés.

Où sont les caméras, combien sont-elles, que surveille-t-on et dans quelles conditions ? Il en va quand même de nos libertés fondamentales… Une telle opacité n’est pas acceptable.

Une gestion opaque du personnel municipal

Les syndicats sont unis depuis quelques semaines pour crier leur lassitude : pas de vision, pas de direction claire, des méthodes de management brutales et oppressantes.

Là encore, c’est un sacré retournement de situation ! Après 6 ans à faire la leçon, qui aurait cru que les élus d’aujourd’hui utiliseraient les méthodes brutales qu’ils dénonçaient hier quand ils étaient dans l’opposition ?

D’abord, il y a ce fameux comité RH où ne siège aucun élu, même pas l’adjoint au personnel (bien content de fuir ses responsabilités pour ne pas avoir à assumer le mauvais rôle !).

Est-il normal qu’en démocratie, quelques hauts fonctionnaires nommés, décident – en catimini – des coupes à faire dans les effectifs du personnel municipal et par là même du type et de la qualité des services publics qu’il convient de rendre aux Montreuillois ? Evidemment, non.

Des recrutements qui interrogent (des recrutements partisans disent certains), la presse s’en fait de plus en plus l’écho. Combien de collaborateurs issus des villes perdues par le Front de Gauche en mars 2014 sont arrivés à Montreuil ? Des dizaines et des dizaines. Quand on questionne le maire sur ce point en conseil municipal, il sourit et ne répond pas…

Et pour faire de la place pour accueillir ces nouveaux venus, la municipalité a opté pour une méthode simple : le management brutal pour faire partir un maximum d’agents dégoûtés, ou la signature de gros chèques d’indemnités pour obtenir la démission de tel ou tel agent municipal.

Avant l’été, c’est 31.000 euros de transaction pour faire partir la rédactrice en chef du journal municipal. A la rentrée, c’est un très gros chèque qui a été signé pour faire partir le directeur de l’office HLM (nous y reviendrons).

Et après ça, on vient nous dire que les caisses de la ville sont vides ?!

La communication : point trop n’en faut !

On ne compte plus les marchés publics passés pour acheter à des sociétés extérieures, d’onéreux conseils en communication, et ce alors même que la ville dispose d’un service de communication qui a déjà démontré à plusieurs reprises sa compétence.

Le maire a beau mettre le paquet sur la pub, il ne parviendra pas à duper bien longtemps les Montreuillois. D’ailleurs,  ceux-ci y croient déjà de moins en moins.

A titre d’illustration, la « fameuse » grande pétition lancée il y a quelques semaines pour demander que l’Etat rembourse à la ville les 12,5 millions de dotations. A l’heure qu’il est 162 personnes (pas toutes Montreuilloises) l’ont signée. On est encore un peu loin du raz-de-marée !

Quand on y repense, quel pied de nez aux Montreuillois quand même !

La ville n’a pas d’argent, mais la majorité municipale s’est octroyé une belle hausse de 20% de ses indemnités.

Il n’y a pas d’argent pour les crèches et les écoles, mais la majorité a créé quelques postes de collaborateurs pour les groupes politiques du conseil municipal (coût de cette décision sur le mandat : plus d’1 million d’euros sur les finances de la ville !).

Est-ce que de telles décisions changent le quotidien des Montreuillois ? Evidemment non.

La ville n’a pas d’argent, mais ne lésine pas sur les dépenses pour la communication, la fête du Viet Nam, où les marchés publics onéreux et pas toujours indispensables.

Diriger une ville c’est un projet, des priorités et une éthique. La marge de progression de Patrice Bessac en la matière est vertigineuse !

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