Déchéance de … Municipalité ?

icono-débat2Lettre à mes concitoyens qui comme moi sont inscrits sur des listes de diffusion des Conseils de Quartier de Montreuil. Par Jean-Marc Gerbeau, citoyen du quartier Ruffins-Théophile Sueur.

Depuis la diffusion de l’article de Libération de nombreuses voies s’élèvent pour dénoncer l’usage à des « fins partisanes » des listes de diffusion des Conseils de Quartier (CDQ). Affirmant même qu’un Conseil de Quartier se devait d’être … apolitique!

Tout d’abord quelques définitions s’imposent afin que le dialogue, s’il peut encore avoir lieu, repose sur des éléments commun : je me contente donc de citer Wikipedia – forme la plus moderne du partage (démocratique ?) du sens commun. Mais je suis prêt, au besoin, à lire des définitions du politique qui pourraient m’être opposées.

  • la politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d’une société organisée et développée ;
  • plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d’autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités.

A la lecture de ces définitions, j’en arrive à conclure que les remarques portant sur les actions et les pratiques d’une communauté (ici les Conseils de quartier) sont donc éminemment Politiques. Ainsi, s’inquiéter de savoir si une ville est bien ou mal gérée relève du politique, être affecté si une ville sale c’est politique, se sentir concerné si une ville privilégie telle ou telle action plutôt que telle autre, c’est évidemment aussi politique.

Ah oui !!! mais non, ce n’est pas de cette politique dont on parle mais de la politique… politicienne, partisane. Ce n’est pas la même chose quand même ?

Laissez-moi penser que les personnes inscrites sur les listes des Conseils de Quartier de Montreuil sont des citoyens pour le moins… politiquement impliqués, même si le niveau d’investissement du petit millier de personnes (je suis optimiste) qui participent comme moi à cette forme démocratique peut être variable. Dans les Conseils de quartier, les personnes investies dans une activité partisane y sont une forte proportion (plus représentées en tout cas que dans la « normale »). Alors accordons-nous sur le fait que toutes ces personnes sont conscientes de ce qu’est la Politique, puisqu’ils se sentent concernés par le « fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. »

C’est pourquoi j’ose exprimer le plus grand étonnement lorsque j’entends (je lis) les cris d’indignations principalement DES militants politiques (y compris des élus). Je les entends (lis) réclamer avec la plus grande emphase le « nécessaire apolitisme » des Conseils de Quartier ! Je les entends (lis) dénoncer l’usage « partisan » de ce que « certains » en feraient dans un but évidemment qu’ils soupçonnent d’être « bassement politique » et beaucoup sont spécialistes. D’autres plus nuancés sont « un peu choqué(e)s » d’une telle déviance ! La « vocation des CDQ étant d’être apolitique il « semble utile » à certain(e)s d’en rappeler les règles… politiques… de bonne conduite.

Car au fond, pour tous ces gens de la politique, la politique… c’est toujours fait par les autres, jamais par eux !

Ceux qui nous rappellent à la bonne pratique considèrent-ils que les membres des Conseils de quartier sont incapables de se forger par eux-mêmes leur propre opinion ? Qu’ils estiment nécessaire de leur dire ce qui est bon. Qu’il relève de leur mission de les protéger des « lanceurs d’alertes partisanes sectaires » ?

D’autres qui dénoncent « l’encombrement des boites mails » sont-ils sérieux ? Nous sommes tous capables soit de ne pas lire le mail, soit de l’effacer, soit d’y répondre librement ou si vraiment tout débat est insupportable de se désinscrire de la liste. Besoin de conseils pour cela ? Les propagandes politiques (y compris « officielles » ou sous le sceau de « l’information ») dans nos boites postales ne sont-elles pas beaucoup plus invasives ? Et à celles-ci pas de moyen d’y répondre ! Il est vrai qu’ elles sont « officielles » et payées par nos impôts !

Je reste sans voix devant cet extrémisme apolitisme radical. Ce bêlement outré de la bonne pratique citoyenne. J’ose à peine écrire ce billet devant (après) un tel déferlement d’invectives. Car si vous avez encore le courage de me lire quelques instant, vous constaterez qu’ils ont atteint leur but : masquer l’essentiel. Car revenons à l’origine de « l’affaire ».

Un journal national dit « sérieux » consacre deux pages à la Ville de Montreuil en rapportant des accusations (je ne sais pas comment dire) graves (??) quant à la gestion municipale et la seule réaction à Montreuil serait : on ne doit pas en parler dans les Conseils de Quartier ?

Donc – ce que je ne sais pas – Si la Ville ne conduisait pas ses actions, TOUTES ses actions, pour le bien commun mais pour des intérêts particuliers ou partisans, alors là … On ne devrait pas non plus en parler dans les Conseils de Quartier ?

Je n’ose imaginer que le rappel au « nécessaire apolitisme » des Conseils de Quartiers, n’ait pour seul but que de faire oublier le fond de l’article de Libé ! Ou qu’il suffise de réunir une cellule de communication de crise pour faire de la DESINTOX et répondre à toutes les questions ? Quant à « Libération » quels sont ses motifs ? Partisans ? Une attaque contre la coalition en place à Montreuil ou contre l’une de ses composantes ? Ce journal a-t-il un intérêt particulier à attaquer directement le Maire de Montreuil ?

Il existe pourtant une solution très simple pour faire face aux attaques « partisanes » de ce journal à l’encontre de la municipalité et du Maire : une plainte pour diffamation. Je ne comprends pas qu’aucun élu de cette Ville– je dis bien aucun, sans vision partisane donc – de la coalition majoritaire ou de l’opposition, n’en ai fait la demande, ni ne l’ai évoqué. Ce silence est tonitruant !

Ainsi, devant le peuple Français, l’administration judiciaire dirait ce qu’il en est . Définitivement.

Je me fais insulter par mes anciens copains de la Gauche, désigner par des élus pour avoir osé relayer cet article -sans aucun commentaire pourtant, tenir pour « responsable du désintérêt des habitants à participer plus nombreux au Conseils de quartier » (drôle quand on sait que notre quartier doit avoir la moyenne des présents la plus haute de la ville à ses réunions !).

A Montreuil, il y a donc plus (état d’) urgence à mobiliser pour éteindre le feu, qu’à en chercher la cause. A quand le procès en « déchéance de Conseil de quartier » voire pire, en déchéance de municipalité ?

Un commentaire

  1. incognitototo 29 janvier 2016 Répondre

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