Conseil municipal du 4 novembre 2015 à Montreuil

Le 4 novembre s’est tenu l’avant-dernier Conseil municipal de l’année. Comme a son habitude, Patrice Bessac a commencé par insister lourdement sur la situation financière délicate dans laquelle il se débattait. S’il ne s’agit pas de nier la complexité de la situation, elle n’est pas propre à Montreuil et beaucoup de villes se remettent en cause.

Monsieur Bessac semble préférer la complainte à l’action. Par ailleurs, il ne peut pas nier avoir fait le choix depuis 18 mois de privilégier un certain confort pour son équipe : hausses des indemnités d’élus, embauches de collaborateurs politiques, renforcement pléthorique de la haute administration, signature de gros chèques pour se séparer d’agents municipaux indésirables… l’anti-bonne gestion !

Au-delà de ces choix contestables, on est surtout de plus en plus inquiet par l’absence de projets structurants, 18 mois après l’élection de cette nouvelle équipe. Les conseils municipaux se suivent et se ressemblent et l’on ne sait pas quel est le projet à 6 ou 10 ans  pour notre ville

Végétalisation participative

A un mois de la COP21, il fallait « faire écolo ». Ah ça, on en a entendu des plaidoyers environnementaux durant la soirée. La moindre petite subvention pour un « projet verdisé » était prétexte à une envolée lyrique sur la biodiversité. Pour quels résultats…concrets ?

Chacun aura constaté que la propreté ne s’est pas améliorée avec l’élection d’une nouvelle équipe. Au contraire même. Alors forcément, on est dubitatif quand la mairie nous dévoile son nouveau projet de « végétalisation participative ».

Disons-le tout net : il est déraisonnable dans l’état de délabrement dans lequel se trouve l’espace public montreuillois d’autoriser des riverains à casser des morceaux de trottoirs pour y faire pousser un peu de verdure.

La préservation de la biodiversité est notre devoir, mais la municipalité a aussi le devoir d’entretenir un espace public permettant une circulation aisée à tous les usagers, un cadre de vie propre et de qualité. Ce projet ne nous semblant pas aller dans ce sens, nous avons voté contre.

Généralisation des zones 30

Malheureusement ici, le projet municipal s’arrête au milieu du gué. Les axes les plus accidentogènes, comme le boulevard Aristide Briand, l’avenue de la Résistance, Gabriel Perri, etc. resteront à 50km heure. Dommage.

Par ailleurs, il y a des rues où on aimerait pouvoir rouler à 30km/h. Boulevard de la Boissière ou rue de Paris… là-bas, aux heures de pointe, c’est un gymkhana quotidien mais la mairie laisse faire.

Même chose rue Etienne Marcel, où, tous les jours, le couloir de circulation sert de zone de stationnement, obligeant les véhicules à emprunter le couloir de bus.

 

Décisions budgétaires

Traduction concrète des non-choix montreuillois : on nous propose de réviser le budget en cours d’année (c’est fréquent), pour entériner 1 million d’euros d’investissement en moins (-940 47604 euros) et près de 3,5 millions de dépenses en fonctionnement en plus !

C’est exactement l’inverse d’une gestion rigoureuse. On commence d’ailleurs à s’inquiéter en observant que le budget de fonctionnement (en gros, les dépenses courantes de la ville) avait déjà explosé de plus de 7,5% l’année dernière. Quelles en sont les raisons ? On peut en deviner quelques-unes.

Des recrutements qui interrogent (partisans disent certains), la presse s’en fait l’écho. Les licenciements sans cause réelle et sérieuse où la ville finit par payer de grosses de départ pour se séparer au plus vite de collaborateurs devenus indésirables (et les remplacer notamment par des proches).

La communication : on ne compte plus les nombreux marchés pour la communication du maire, et ce alors même que la ville compte un service de communication compétent dont les agents sont en très forte souffrance (on se souvient de leur lettre ouverte adressée l’an dernier… combien sont encore en poste aujourd’hui ?). Même chose pour l’événementiel, les buffets en mairie, les fêtes du Vietnam…

En matière de gestion et de transparence financière, le compte n’est décidément pas bon.

Marchés forains

La délibération sur le renouvellement de concession des marchés forains fut l’occasion d’interpeller les élus sur l’état déplorable de l’espace public à l’issue de certains marchés, et notamment celui de la Croix-de-Chavaux.

Quiconque chemine dans d’autres villes, y compris dans le 93, se sera aperçu que nulle par ailleurs qu’à Montreuil on ne voit un tel amas de déchets laissés sur place à la fin du marché. Pourquoi ? Le maire refusera de s’en expliquer.

Tarifs des séjours de vacances

Les tarifs pour les séjours de vacances des enfants sont basés sur le principe du quotient familial.

Nous avons interpellé à de très nombreuses reprises la municipalité pour qu’elle révise ce quotient familial dépassé qui suscite des injustices notables pour les familles aux revenus modestes. Une fois encore, on nous a dit qu’on s’en occuperait. Mais impossible d’avoir la moindre  information sur le calendrier…

Centre de santé : un jeu de bonto

Du temps où ils siégeaient dans l’opposition (2008-2014), les élus Front de gauche et socialistes avaient occupé le centre de santé Voltaire pour protester contre sa fermeture, décidée par Dominique Voynet. Ils criaient alors au déséquilibre de l’offre de soins, à l’atteinte à la solidarité, à l’injustice, etc.

Cinq ans plus tard, les opposants dirigent la ville et ont changé d’opinion sur les centres de Santé. Non seulement ils ne ré-ouvriront pas le centre Voltaire, mais ils viennent même de se séparer de la seule parcelle de terrain qui restait en centre-ville pour accueillir un projet de centre de santé flambant neuf.

« On compensera » nous a-t-on juré la main sur le cœur. Rien ne nous rassure dans tout cela, d’autant que des rumeurs de fermeture d’un autre centre de santé dans le haut Montreuil nous inquiète également.

Cession de la ville

Il est normal que la ville gère son patrimoine en vendant et en achetant, selon les opportunités.

Mais on s’étonne de découvrir que notre ville (qui manque d’argent comme le rappellent si souvent les publicités du maire) se payait le luxe de vendre un ensemble immobilier à 150.000€ alors que l’agence publique indépendante France Domaine l’avait estimé à 275.000€. L’écart est grand !

On a d’autant plus de mal à comprendre cette décision que l’arrivée du métro dans le quartier participera inévitablement à la hausse des prix du foncier dans quelques années.

Les contradictions entre la ville et France Domaine portent aussi sur le fond : la première estime que le pavillon est dans un état de dégradation important, la seconde dit qu’il est en très bon état de conservation !

Garanties d’emprunts pour l’Office HLM

Le conseil municipal est régulièrement sollicité pour que la ville apporte sa caution aux emprunts signés par l’Office HLM afin de construire des logements sur le territoire de la commune.

Nous votons généralement en faveur de ces projets. Mais voilà,  au mois de juin dernier, Patrice Bessac nous a fait un grand cinéma sur le thème « l’OPHM n’a plus d’argent, il est en danger par la faute de Dominique Voynet » (après avoir dit quelques mois plus tôt dans le journal municipal que les finances de la ville laissées par sa prédécesseur étaient saines).

Patrice Bessac n’a jamais voulu répondre à nos questions sur la situation de l’Office et n’a jamais voulu nous communiquer le moindre document. Il faudrait le croire sur parole. Mais alors, si la situation est si grave, comment justifier qu’on continue aveuglément à engager l’argent des Montreuillois pour garantir des emprunts contractés par un organisme en quasi-faillite ?

Dans ces conditions, et tant que nous n’aurons pas obtenu une copie de l’audit en question, nous avons décidé de ne plus voter les demandes de garanties d’emprunts.

Cette opacité n’est vraiment pas acceptable. C’est pourtant désormais la marque de fabrique de notre maire. Elles sont loin les promesses de campagne, et elle est bien enterrée la charte éthique d’Anticor !

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